Aujourd'hui, je me suis baladée dans Bouxwiller. Ou plutôt, j'ai tenté de m'y perdre. Tâche difficile, on finit toujours par retomber sur la Grand'Rue.
Mais la promenade a été plutôt fructueuse, j'ai réussi à m'oublier quelques temps dans la contemplation de certaines ruelles. J'en ai regretté l'absence de mon appareil photo. J'aurais bien aimé saisir quelques images devant lesquelles je me suis arrêtée, contemplative. J'imagine que je tiens ça de mon père, cette envie d'explorer, parfois, et cette capacité à l'immobilité devant certaines scènes. Peut-être que j'ai juste un peu moins de classe.
En tout cas, le soleil a éclaboussé soudainement des murs, jusqu'alors couleur boue claire. Et là, ils sont devenus beaux, dans cette lumière. Vraiment beaux. D'une ruelle plus haut perchée, j'ai vu les toits, les géraniums colorant l'ensemble de leurs tâches rouges jolies de loin. Un rosier a grimpé près d'une porte. Une rose à son sommet.
J'ai eu quelques souvenirs, je me suis rappelée de moi. J'ai erré, encore un peu. J'ai trouvé un banc, près de l'église. En face, des maisons bien moins pittoresques qu'avant. J'ai écrit.
Je rangerai mon crayon dans ma trousse, ma trousse dans mon sac, avec mon carnet. Mon sac sur mes épaules, mes écouteurs dans les oreilles. Je m'inquièterai un peu de ne plus trouver mon chemin ; je le trouverai, en fait. Je retournerai vers le lycée, sa routine et surtout ces personnes qui me sont si chères, qui arrivent à la rendre inexistante.